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Seconde partie

Géo-Ingénierie, l’ultime recours ?

Et si la planète était encore plus menacée qu’on ne le pense ? Et si les mesures actuelles envisagées contre le réchauffement climatique (réduction des émissions, taxe carbone, green design...), n’étaient qu’emplâtres sur une jambe de bois ? Le fait est qu’il y a souvent une distance entre le discours volontiers alarmiste (et probablement avec raison) des penseurs écologistes et la relative modération des solutions proposées.

Face à l’urgence de résoudre le problème climatique, une solution "taboue" commence à avoir de nouveau droit de cité : la géo-ingénierie.

Pour résoudre la crise écologique, modifions plus encore le système écologique !

Qu’envisagent donc les adeptes de cette discipline? La modification voulue et systématique du système écologique terrestre, tout simplement. On comprend que cela fasse grincer des dents ! Car une erreur sur une entreprise de cette ampleur pourrait bien nous être fatale à tous. Imaginez les débats et les peurs liées aux OGM, au nucléaire, à la nanotechnologie, à la modification du vivant... mélangez-les et multipliez par 10 : vous aurez peut-être une légère approximation de l’inquiétude que suscite le débat qui s’amorce autour de la géo-ingénierie.

Dernier "converti" en date, non sans une certaine réticence : Jamais Cascio, un futurologue convaincu par la cause écologiste souvent évoqué dans nos colonnes, connu pour sa participation à des projets comme Worldchanging et auteur d’une collection d’essais sur le sujet baptisée Hacking the Earth.

La terre vue par la mission Apollo 17

Image : La terre vue par la mission Apollo 17.

 

Dans un récent article pour le Wall Street Journal, il explique :

"Si nous voulons éviter un désastre climatique, il va falloir que nous adoptions une action plus directe. Nous devons commencer à penser à refroidir la planète.

Ce concept est appelé géo-ingénierie et au cours des années précédentes, il est passé du statut d’idée marginale à celui de sujet de débats intenses dans les coulisses du pouvoir. Nombreux sont ceux qui, parmi nous, ont suivi ce sujet de très près et sont passés du statut de sceptiques à celui de partisans. Des partisans méfiants, mais des partisans tout de même. (...)

Soyons clairs : la géo-ingénierie ne résoudra pas le réchauffement global. Ce n’est pas une "solution technique". Elle pourrait s’avérer très risquée et amènerait certainement de nombreuses conséquences imprévues et problématiques. (...) Mais la géo-ingénierie pourrait aussi ralentir la montée des températures, repousser l’avènement de points de non-retour comme la fonte catastrophique des glaces du pôle et nous donner du temps pour laisser à nos économies et nos sociétés le temps d’effectuer les transformations nécessaires pour mettre fin au désastre climatique."

Cascio n’est pas le seul à se ranger aujourd’hui du côté des "géo-ingénieurs". D’autres, comme James Lovelock, créateur de la fameuse hypothèse Gaia et célèbre pour ses prédictions terrifiantes sur le futur du climat (si la température augmente de 5° au cours du prochain siècle, prédit-il notamment, 90% de la population humaine mourra par manque de nourriture et d’eau) vont dans le même sens : "Je suis totalement d’accord avec l’idée que nous avons besoin d’un "plan B" dans lequel une stratégie de géo-ingénierie est mise en place parallèlement aux moyens de réduire le CO²", explique Lovelock à The Independant. "Le changement climatique est un problème du système terrestre tout entier et je pense que l’ONU n’est pas une institution capable de l’organiser et le gérer."

Le sujet est devenu encore plus sérieux en ce mois de septembre lorsque la Royal Society a sorti un rapport sur les techniques de géo-ingénierie. Un document au contenu très complet et qui présente les avantages et inconvénients de manière "objective", ce qui risque de le rendre plutôt impopulaire : "C’est un excellent rapport", écrit Richard Jones, professeur de physique à l’université de Sheffied, sur son blog, "mais en jugeant la façon dont il a été reçu dans les médias, il court le danger de ne plaire à personne. Les environnementalistes qui considèrent toute discussion sur la géo-ingénierie comme un blasphème seront consternés de voir le concept gagner en popularité. (...) Les techno-optimistes, au contraire, s’agaceront des réserves très sérieuses qu’émet le rapport.

Le plus fort...

  •  Est-ce que la technologie sauvera le monde ?
  •  Première partie
  •  Seconde partie
  •  Troisième partie
  •  Quatrième partie
  •  Cinquième partie
  •  Sixième partie
  •  Bibliographie
  •  Remerciements
  •  Mythes et réalités des usages mobiles dans les pays en développement
  •  La technologie peut-elle éliminer la pauvreté ?
  •  La technologie est-elle devenue notre culture ?
  •  Reprendre le contrôle des technologies